Monsieur de S.

Publié le 24 Février 2014

 

Il était temps.

Il était temps , monsieur,

que je dépose: scies, clous, marteaux,

que je pose: peintures, pinceaux, papiers à poncer;

afin de vous rendre cet hommage;

unique depuis plus de deux cents ans.

 

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"Etienne de Silhouette

est né le 5 juillet 1709 à Limoges et mort le 20 janvier 1767 à Bry sur Marne.

Il fut contrôleur général des finances de Louis XV de mars 1759 à novembre 1759."

 

Malgré mes recherches,

je ne peux assurer si le nom commun existait avant l'épisode malheureux de ce monsieur.

 

Je pense que oui:

les profils réalisés en ombres chinoises, et qui, à cette époque, commençaient à remporter un vif succès,

s'appelaient déjà " profils à la silhouette".

 

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Et comme l'homme;

mais était-ce un hasard?...

 passionné par ce type de portraits utilisés comme portraits bon marché

avait pris l'habitude de faire asseoir ses invités près d'un écran de parchemin en les éclairant avec une lampe de sa propre conception afin de détourner leur ombre,

 

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ce genre de dessins et ses effets mesquins, que l'on a très vite associés;

lui furent attribués.

 

Tant est si bien que, son nom finit par rejoindre la liste des antonomases en 1833 par un décret de l'Académie française.

 

Mais enfin,

que s'est-il passé pour que cet homme s'attire ainsi les foudres puis la disgrâce de ses contemporains jusqu'aux nôtres, à en juger par les commentaires recueillis sur internet?

...

 

Silhouette fut nommé contrôleur général des finances comme le seul homme capable de trouver les moyens de "battre" l'Angleterre en guerre contre la France depuis 1756 et sèrieusement éprouvée sur le continent et dans ses colonies d'Inde et d'Amérique.

Voici ce qu'il expose au président de la Chambre des comptes lors de sa nomination le 4 mars 1759.

 

"(...) affermir de plus en plus le crédit par la stabilité des engagements sur lesquels il est fondé, exciter et protéger l'industrie, soulager lorsque les circonstances le permettront, un peuple qui ne ressentirait jamais le poids des impôts et le malheur des temps, s'il ne tenait à son souverain de les garantir:


voilà l'objet de mes devoirs, et celui de mes voues.


C'est dans la suppression des dépenses inutiles, dans l'économie des dépenses nécessaires ( NDA: si vous ne saisissez pas, demandez aux mères de famille; elles sauront vous expliquer.), et de l"amélioration des diverses branches du revenu public, que l'on doit chercher les premières ressources pour subvenir aux besoins de l'Etat."

 

Plus tard, monsieur de Silhouette voulut appliquer un impôt à tous et sur tout.

Le roi était prêt à le suivre, restreignant ses propres dépenses et allant jusqu'à faire fondre sa vaisselle.

Peine perdue, cela ne suffit pas à rallier la cour et le peuple à sa cause.

Bien au contraire.

 

Ainsi Voltaire conclut:

 

"Ce n'est pas que ce monsieur de Silhouette n'ait de l'esprit et même du génie et qu'il ne soit fort instruit; mais il paraît qu'il n'a connu ni la nation, ni les financiers, ni la cour; qu'il a voulu gouverner en temps de guerre, comme à peine on le pouvait faire en temps de paix, et qu'il a ruiné le crédit qu'il cherchait, comptant pouvoir suffire aux besoins de l'Etat avec un argent qu'il n'avait pas.

 

Ses idées m'ont paru très belles, mais appliquées fort mal à propos."

 

CLAC!

Tel le couperet d'une guillotine;

voici comment:

un homme est jeté à terre;

un destin brisé;

une réputation souillée.

Et ce, par quelques mots d'un esprit "éclairé".

 

Il est vrai qu'en matière de finances, monsieur Voltaire connaissait fort bien le sujet;

 "ses idées" furent si bien appliquées, que ses poches en furent toujours pleines, mais...

seulement à son profit.

 

C'est "étonnemment étrange" comme l'histoire se répête.

On me dit qu'il fait meilleur à vivre sous un ciel républicain.

" Probité, honneur, liberté, fraternité"

 

Qu'ouie-je?

Où cours-je?

Dans quel "Etat" j'erre?...

 

Parfois je m'interroge...

 

La seule différence entre "l'Histoire" de monsieur de Silhouette et "l'Histoire" d'aujourd'hui;

c'est que cet homme, a mal fait mais en voulant sincèrement bien faire.

Alors que d'autres qui nous gouvernent;

le font mal, mais avec la volonté sincère de faire le mal.

 

 

 

 

Mais, je m'égare, je m'égare!

Et point là n'était le sujet!

 

Je remercie donc monsieur de Silhouette d'avoir existé, car sans lui, il n'est pas certain que cette forme d'expression se soit ainsi développée pour nous proposer aujourd'hui,

d'aussi jolies représentations. 

 

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Sans doute une prochaine création.

J'y songe.

 


      En fait, le mot "silhouette" évoque pour moi, et depuis des années, des chemins inconnus à redécouvrir inlassablement.

C'est à chaque découverte, un sentiment nouveau, une expèrience nouvelle.

Et toujours un immense plaisir à partager.

 

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 Au XVIIIème siècle, au travers des dessins "à la silhouette"; on disait exprimer des personnages non précis, inachevés, et de façon "mesquine". 


Alors qu'au contraire,

la silhouette met en valeur l'attitude du personnage,

 

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ou laisse parfois deviner son caractère propre.

 

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(Chère Marie-Anne,

un grand merci pour cet inestimable cadeau que toutes ces images des Bénédictines de Bayeux!)

 

 

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Ce sont d'ailleurs les anglais, très friands de ce genre de représentations, qui en parlent le mieux:

" It was an inexpensive means of portraiture and also possessed a unique charm, capturing the essence of a personnality with a minimum of detail and calling on the viewer to use his own imagination."

 

Traduction:

 

Elles nous entrainent sur le chemin des rêves...

 

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Ainsi madame Seconde,

emménageant son nouvel (et tout petit) appartement,

m'envoya cette photo:

 

"Regarde maman! 

Dans mon salon,

le soleil joue avec tes ombres!..."

 

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A un peu plus tard....

 

 

 


Rédigé par souslaveranda.over-blog.com

Commenter cet article

Florence 10/03/2014 10:39

Un immense merci pour cette si jolie lampe qui a fait la joie de notre fille....une merveille ! Continuez à nous faire rêver!!!

elisabeth 04/03/2014 18:53

en parcourant un hebdomadaire catho: une veilleuse bien connue est apparue, quelle pub, bravo pour tes réalisations!
je ne dois pas être la première à t'en parler, mais je ne voulais pas passer à côté.
bien à toi

isabelle 27/02/2014 22:44

Merci pour cet agréable cours d'histoire; apprendre en s'amusant est toujours un plaisir; moi aussi, j'aime beaucoup le jeu d'ombre chez madame Seconde; belle journée Dame Véranda

Sabine 27/02/2014 15:42

Bravo! On avait l'esprit dans les œuvres! on a maintenant la lettre! Merci nous voilà instruits! D'impôts, plus besoin d'en inventer, quant à la suppression des dépenses inutiles... Dommage que ce
Monsieur ne soit plus des nôtres!
Et pour l'ombre des silhouettes... là, c'est grandiose!

camille 27/02/2014 10:27

hooo cette dernière photo de Mme seconde est ravissante!!! un enchantement!!!
merci pour cette lecon d'histoire qui m'a appris qq chose, je me coucherai moins bete ce soir :)

Monsieur Véranda 26/02/2014 22:05

Bonsoir Ma Dame,
Vous voici donc admiratrice inconditionnelle d'un ... autre !
Et moi qui dans votre ombre ai déjà perdu la tête, de quelle recette devrais-je user pour que vous vous dépensiez à ma mémoire ?
Quoi, un fiscaliste ! Certes royal mais tout de même, que m'imposez-vous là ?
Vous faîtes mouche et me voici hors de mon assiette !
Bon soir Ma Dame.